TRIBUNE
Trappes : l’extrême droite tue, mais l’avenir ne lui appartient pas
5.11.2026. Le 23 octobre, à Trappes et La Verrière, un homme a tiré en rafales sur des passants. Pengo Bossio Wangi, 26 ans, est mort ; cinq personnes ont été blessées, dont une fillette de 12 ans.
Le procureur national antiterroriste a décrit un acte prémédité visant des personnes perçues comme musulmanes, africaines ou nord-africaines, par un suspect aux idées d’extrême droite. Il est mis en examen pour assassinat et tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste.
Mais ce drame n’est pas sorti de nulle part. Il est l’aboutissement d’années de banalisation : des mots de haine devenus opinions, des obsessions identitaires érigées en débat respectable, des Français·es désigné·es comme des étrangers de l’intérieur. Cette banalisation, nous la connaissons de près : à l’image de nombreux·ses Montreuillois·es, notre majorité en fait les frais depuis le début du mandat, des insultes racistes en ligne visant notre collègue Haby Ka jusqu’à celles adressées, il y a quelques jours, à Amin Mbarki.
Quand on laisse la haine s’installer partout, il se trouve toujours quelqu’un pour passer à l’acte. L’extrême droite tue. Le Rassemblement national, héritier d’un parti fondé par d’anciens collaborateurs et dont le fondateur a été condamné pour ses propos sur la Shoah, a beau changer de costume : il continue de hiérarchiser les êtres humains selon leur origine. L’histoire nous a appris où mène cette idée et nous ne devons plus le tolérer.
Pourtant, rien n’est écrit. Le 25 octobre, le Brésil a réélu Lula face au camp Bolsonaro. Le même jour, en Serbie, la liste issue du mouvement étudiant né de l’effondrement de la gare de Novi Sad a conquis la majorité absolue. Deux peuples ont refusé la fatalité et l’ont emporté dans les urnes.
En France, la présidentielle de 2027 approche et l’extrême droite rêve de l’Élysée. Ce qui s’est joué à Brasilia et à Belgrade le rappelle : la victoire appartient à celles et ceux qui s’organisent, se rassemblent et proposent un avenir de justice sociale, d’écologie et de dignité.
Le 30 octobre, nous nous sommes rassemblés à Montreuil pour Pengo.
Rassemblons-nous encore pour que la haine ne gagne jamais.
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Loline Bertin, Aurélien Bernicchia, Matthieu Clauzade, Amin Mbarki, Claire Rabès, Elise Roinel, Zohra Safi, Olivier Stern